«Quanti on a restructuré les services d'urgence de Saint-Antoine, on a perdu 30 lits ;
du coup, on est obligé d'envoyer des patients vers les cliniques privées»
PATRICK PELLOUX à l'hopital saint-antoine (paris).
II est connu de tous depuis l'été 2003 où il alerta, le premier, sur le drame qui se produisait avec les effets de la canicule.
15 000 morts plus tard, le président de l'Association des médecins urgentistes continue son combat pour l'hôpital public et la santé des patients. « La réforme Douste-Blazy ? Cela a créé de l'inquiétude chez les gens qui se posent des questions pour leur remboursement et le recours obligatoire au médecin traitant. C'est Kafka. La mise en ouvre du rapport Vallancien serait une catastrophe pour les urgences déjà saturées. Le Pr Vallancien est tout sauf bête, son argumentation de prôner la qualité partout, on ne peut qu'être d'accord. Là où cela pèche, c'est la méthode. Il n'est pas allé sur le terrain. La barre des 2 000 actes, mais
2 000 interventions, c'est déjà beaucoup. Et puis les fermetures proposées ne sont pas remplacées. Vallancien fait partie de l'Institut Montaigne, un club de réflexion présidée par Claude Bébéar, ancien PDG d'AXA. On voit l'inspiration. .Nous avons de plus en plus de mal à hospitaliser, cela sera pire et, vu les conditions de travail, les chirurgiens partiront vers le privé. La sélection par l'argent est là. C'est toujours la même logique libérale, il faut déconstruire les systèmes organisés. Chez nous, on ferme des plateaux sans se préoccuper de l'organisation des soins qui en résulte.On désorganise totalement le système de telle sorte que ceux qui en ont les moyens se dirigent vers le privé ou même vont se faire soigner à l'étranger. Quand on a restructuré les services d'urgence de Saint-Antoine, on a perdu 30 lits ; du coup, on est obligé d'envoyer des patients vers les cliniques privées. Il faut inverser la logique productiviste à l'ouvre dans le domaine de la santé et viser la qualité par la proximité et la solidarité.On est face à une volonté de ne pas embaucher alors qu'on a formé des milliers d'infirmières. Pour cet été, c'est le brouillard, on ne sait rien et c'est trop tard pour prendre des mesures. On évalue à 20 % le nombre de lits fermés pendant la période estivale. S'il y a une épidémie ou une catastrophe sanitaire, on ne sait pas comment on fera face... Trois ans après le plan urgence, on ne voit rien arriver, ce gouvernement n'est plus crédible. »